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00 L’auteur du logiciel
Jimenez Julien, celui qui écrit les règles de Prediago
Je ne suis pas diagnostiqueur certifié et je ne prétends pas l’être. Je construis des outils de mesure pour des métiers réglementés, et j’ai passé les deux dernières années dans les bureaux de cabinets de diagnostic à regarder comment un rapport se défend, ou ne se défend pas, douze mois après son dépôt.
Ce que je fais concrètement
J’écris et je maintiens la bibliothèque de règles de cohérence de Prediago, cent quarante-trois règles à ce jour, chacune rattachée à un point de contrôle et à une version d’arrêté. Je tiens également les modèles statistiques qui replacent un rapport dans la distribution départementale à bâti comparable, et je relis chaque mois les écarts remontés par les cabinets abonnés pour corriger ce qui produit du bruit.
Je réponds aussi aux demandes de démonstration, ce qui reste la meilleure manière de savoir si une règle est utile ou si elle est simplement élégante.
Le point de départ, une réunion de surveillance annuelle
La première fois que j’ai assisté à une réunion de préparation de surveillance annuelle, dans un cabinet de six techniciens, le responsable qualité avait imprimé quarante rapports tirés au hasard dans l’année écoulée. Il les relisait un par un, le soir, en cherchant ce qu’un auditeur pourrait relever. Il m’a dit une phrase que j’ai notée telle quelle : il cherchait une aiguille dans une meule de foin, en sachant que l’auditeur, lui, savait où regarder.
Cette dissymétrie m’a intrigué. L’organisme de certification ne devine pas non plus, il applique des grilles connues, publiées, stables. Et la matière sur laquelle il travaille, les diagnostics déposés, est intégralement publique depuis que l’observatoire DPE de l’ADEME diffuse les dépôts en open data, nominativement par numéro de certification. Autrement dit, tout ce qui permet de savoir si un rapport sort du rang existe déjà, en ligne, gratuitement, et personne dans le cabinet ne l’utilisait.
J’ai commencé par un tableur. J’ai téléchargé les dépôts d’un département, filtré sur les numéros de certification du cabinet, et comparé la répartition de leurs étiquettes à celle du reste du département sur les mêmes périodes de construction. En une soirée, deux choses sont apparues. Un technicien sortait deux fois plus de classements F que ses confrères sur des pavillons des années 1975 à 1985, ce qui n’était pas nécessairement une erreur, mais méritait une conversation. Et onze rapports de l’année se situaient à moins de trois pour cent d’une frontière d’étiquette, dont quatre à la limite E et F, celle qui déclenche l’audit énergétique réglementaire et pèse lourd dans une négociation de vente.
Deux ans à comprendre pourquoi le sujet n’est pas traité
La question évidente était de savoir pourquoi les éditeurs de logiciels métier ne le faisaient pas déjà. La réponse tient en une phrase : leur travail est de calculer juste, pas de comparer. Un logiciel de calcul applique la méthode 3CL-DPE 2021 sur les données saisies, produit un fichier XML conforme et le transmet. Il n’a aucune raison de savoir ce que le voisin de palier a déposé, ni ce que le même technicien a produit le trimestre précédent. Ce n’est ni un oubli ni un défaut, c’est un autre métier.
J’ai donc passé deux ans à faire deux choses en parallèle. D’abord écouter : une cinquantaine d’entretiens avec des responsables qualité, des diagnostiqueurs indépendants, deux animateurs de réseau et trois anciens auditeurs d’organismes de certification, qui m’ont expliqué ce qu’ils regardent en priorité et dans quel ordre. Ensuite construire : rejouer des centaines de milliers de dépôts publics, tester des règles, en jeter beaucoup, garder celles qui remontaient des dossiers que les professionnels reconnaissaient immédiatement comme discutables.
Le tri a été sévère. Une règle qui signale trois pour cent d’une production est utile. Une règle qui en signale trente est un bruit de fond que personne n’ouvrira au deuxième mois. La bibliothèque actuelle est ce qui reste après avoir supprimé tout ce qui criait trop fort : surface déperditive incohérente avec la surface habitable, parois déclarées incompatibles avec l’année de construction, couple générateur et émetteur improbable, consommation au mètre carré aberrante pour le type de bien, et une trentaine de contrôles plus fins sur les ponts thermiques et les systèmes d’eau chaude sanitaire.
Ce que j’ai vu sur le terrain et qui a changé le produit
Trois observations ont modifié le logiciel en profondeur.
La première : personne ne veut d’un logiciel qui juge un technicien. Les premières maquettes affichaient un classement des techniciens par taux d’anomalies. Le premier responsable qualité à qui je l’ai montré m’a demandé de retirer l’écran. Un profil statistique n’est pas une note de conduite, c’est une base de conversation, et il n’a de sens qu’avec l’effectif de l’échantillon affiché à côté. Aujourd’hui, un écart n’est signalé que s’il porte sur un nombre suffisant de dossiers comparables, et le technicien voit sa propre production avant tout le monde.
La deuxième : la valeur n’est pas dans l’analyse du dossier du jour, elle est dans la reprise de l’historique. Un cabinet qui découvre l’outil veut savoir ce qu’il a déjà déposé, pas ce qu’il déposera demain. C’est pour cette raison que la reprise open data se déclenche à l’inscription, avant toute configuration, et qu’elle est comprise dans toutes les formules.
La troisième : la contestation arrive presque toujours par un rediagnostic. Un bien change de main, un autre professionnel repasse, et l’écart de classement devient le point de départ d’une mise en cause. Comme les deux rapports sont publics, cet écart est détectable le jour même de la publication du second. C’est devenu l’alerte de contestation, et c’est la fonction dont les utilisateurs parlent le plus.
Mes convictions produit
Un logiciel qui parle à des professionnels certifiés doit accepter d’être vérifié. Cela se traduit par quatre règles que je m’impose.
- Toute anomalie affichée cite la règle appliquée, son numéro de version et le point de contrôle visé. Un utilisateur doit pouvoir contredire le logiciel, texte en main.
- Aucun rapport n’est jugé avec des règles postérieures à son dépôt. La bibliothèque est versionnée par arrêté, un dossier de 2023 reste évalué avec les règles de 2023.
- Prediago détecte, il ne certifie pas. Aucune page de ce site ne promet la conformité d’un rapport, parce que la conformité se juge en contrôle sur ouvrage, par un organisme accrédité, et par personne d’autre.
- Les données d’un cabinet ne servent jamais à un autre. Les statistiques de comparaison sont construites à partir des dépôts publics de l’ADEME, pas à partir de la production privée des clients.
J’ajoute une conviction moins technique : un outil de contrôle qualité qui prend plus de dix minutes par semaine ne sera pas utilisé. La file de relecture priorisée existe pour cette raison. Elle ne cherche pas à tout montrer, elle cherche à montrer les huit dossiers qui méritent une relecture dans un dépôt de trente-sept.
Comment la bibliothèque de règles est tenue
Chaque modification de texte réglementaire déclenche une nouvelle version de la bibliothèque, identifiée par une année et un numéro d’ordre, affichée en permanence dans la barre d’état du logiciel. La version en service est indiquée sur la page d’accueil de ce site. Quand une règle change, l’ancienne n’est pas supprimée : elle reste applicable aux dossiers déposés pendant sa période de validité, ce qui permet de relire un historique de cinq ans sans anachronisme.
Les cabinets abonnés en formule Multi agences peuvent ajouter leurs propres règles internes, celles qui traduisent une procédure maison plus stricte que le texte. Ces règles restent privées et n’entrent jamais dans la bibliothèque commune. Quand une règle interne se révèle pertinente pour tout le monde, je demande l’autorisation avant de la proposer aux autres, et je cite le cabinet si celui-ci le souhaite.
L’éditeur, MLJ
Prediago est édité par MLJ, société par actions simplifiée unipersonnelle au capital de 500,00 euros, immatriculée au registre du commerce et des sociétés de Paris sous le numéro 934 769 837 depuis le 30 octobre 2024. Je suis le fondateur et le directeur de la publication de ce site.
MLJ conçoit et exploite des logiciels destinés à des professions réglementées, en France, avec un principe constant : un service par métier, écrit avec le vocabulaire de ce métier, et vendu par la conversation plutôt que par la souscription anonyme. C’est pourquoi il n’y a aucun paiement en ligne sur ce site, et pourquoi une démonstration se fait toujours sur les dossiers réels du cabinet qui la demande.
Ce que j’écris dans Banc de Mesure
Le magazine du site porte le nom du banc de mesure lui même. J’y publie ce que je ne peux pas mettre dans une règle : la méthode, les pièces à réunir, les ordres de grandeur d’un dossier contesté, et ce que les organismes de certification regardent en priorité. Les neuf articles ci dessous sont parus le 3 septembre 2026, le jour de la mise en ligne du site, et sont tenus à jour au fil des textes.
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Reprendre trois ans de DPE deposes sans aucune ressaisie
Reprendre l’historique publié sous vos numéros de certification, sans aucune ressaisie.
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Surveillance de certification: ce que l'organisme controle vraiment
Ce que la surveillance d’un organisme accrédité examine, et ce qu’elle n’exige pas.
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Les incoherences de saisie 3CL que le controleur releve en premier
Les données d’entrée qu’un contrôleur met en cause avant de regarder le calcul.
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Relire les DPE de l'equipe: trois methodes et leurs limites
Échantillon, double regard ou analyse du fichier: ce que chaque relecture attrape.
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Un DPE classe F conteste six mois apres la vente: le dossier complet
Une contestation suivie du courrier initial jusqu’à la réponse motivée du cabinet.
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Controle sur ouvrage annonce: la checklist des pieces a reunir
Les pièces à réunir dès l’annonce d’un contrôle sur ouvrage par votre organisme.
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Les echeances de l'annee qui deplacent vos etiquettes et vos volumes
L’année du cabinet dans l’ordre, échéance par échéance, production et contrôle qualité.
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Ce que coute vraiment un DPE conteste, poste par poste
La grille pour chiffrer une contestation poste par poste, avec vos propres taux.
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Le DPE est une donnee publique: ce que cela change au cabinet
Ce que la publication des rapports déposés change dans l’organisation d’un cabinet.
L’ensemble se parcourt depuis la page d’accueil du magazine Banc de Mesure.
Une question sur une règle, un désaccord sur un signalement, une demande de démonstration sur votre propre historique ? Écrivez directement à jimenezjulien42@gmail.com ou passez par le formulaire de la page d’accueil. Je réponds sous un jour ouvré.
Une règle contestée par un professionnel vaut mieux qu’une règle jamais lue.